LES MILICIENS DE HAUTE-ALSACE AU XVIIIème SIECLE

(Texte et recherches publiées par Alain ECKES en mai 2002)

 

Mise en place en 1688 par Louis XIV pour subvenir aux besoins incessants de recrues qu'engendraient les conflits répétés, la milice provinciale est considérée aujourd'hui comme la première forme de conscription.

Cette institution était surtout une armée de seconde ligne, destinée à soutenir l'armée active en temps de guerre: les régiments de milice servaient essentiellement à remplacer dans les places, les régiments d'infanterie régulière qui partaient en campagne ou à escorter les convois. S'ils ont pu prendre part à certaines opérations militaires, les miliciens se contentaient le plus souvent de combler les effectifs des régiments réguliers qui se réduisaient au gré des batailles. En période de paix, les miliciens n'étaient rassemblés qu'une ou deux semaines par an pour apprendre les rudiments de manoeuvre, s'initier au maniement des armes et désigner les bas officiers.

La répartition au niveau du pays du contingent d'hommes à lever était faite par le Roi, en fonction des besoins de l'armée. A l'intérieur de chaque généralité, l'intendant avait la charge de fixer le nombre de miliciens que devait fournir chaque paroisse.

La répartition au niveau du pays du contingent d'hommes à lever était faite par le Roi, en fonction des besoins de l'armée. A l'intérieur de chaque généralité, l'intendant avait la charge de fixer le nombre de miliciens que devait fournir chaque paroisse.

La designation se faisait chaque année par tirage au sort des "miliciables", c'est à dire l'ensemble des hommes valides, célibataires ou veufs sans enfants, remplissant certaines conditions d'âges et d'aptitudes physiques: absence d'infirmité incompatible avec le service actif, âge compris entre 16 et 40 ans, taille minimale de 5 pieds (soit 1,62 m).

En réalité, le fardeau du service était inégalement réparti, ce qui rendait la milice fort impopulaire; aux incapacités d'ordre physique s'ajoutèrent des exemptions pour raisons familiales, sociales et économiques ou liées à l'exercice de la charge publique.

Au final, le nombre d'hommes susceptibles d'être levés dans chaque paroisse s'en trouvait considérablement réduit; d'autant qu'il existait une possibilité pour le milicien de se soustraire au service: lorsque les moyens de sa famille le permettait, le paiement d'un remplaçant, bien qu'officiellement interdit, était toloré par les intendants.

Au total, le privilège et l'argent ont peu à peu dénaturé la milice qui perdit de son importance dans la seconde moitié du XVIII ème siècle; réorganisée en régiments provincaux en 1771, elle cessa d'être assemblée à partir du 15 décembre 1775.

Rudement dénoncée par les cahiers de doléances, la milice fut supprimée le 6 mars 1791: avec elle, disparaissait "l'impôt du sang" qui pesait si lourdement sur le peuple des campagnes.

 

NOM
Prénom
Age
Communauté ayant fourni le milicien
ProfessProfessionessionsion

DCD

Levée
BAUR
Jean-Michel
24
Durlinsdorf
Tailleur

Besançon

07/01/1748

1744
BAUR
Martin
Tagolsheim
 
1735
BAUR
Joseph
25
Ligsdorf
Sellier
 
1744
BAUR
Jean
Pfaffenheim
 
1782
BAUR
Antoine
Tagsdorf
 
1767